La petite histoire de Sparko

Bureau Sparko

En 2009, David Grégoire et moi avons démarré une agence web, Sparko. À la base, notre objectif était d’offrir des services de développement web et des conseils pour générer de l’achalandage par le biais du web, et ce, de manière à financer nos projets internes de développement.

La croissance court-terme serait donc assurée par un modèle traditionnel de services professionnels, où on facture des heures. Et la croissance long-terme viendrait de nos projets internes.

Biximobile

Alors que je terminais ma dernière semaine de travail à mon ancien emploi, David a pris une nuit pour développer la première app (plus spécifiquement une “webapp”) pour accéder à la carte de Bixi sur mobile. 2009 était la première année des Bixi à Montréal, et concordait avec le début de la popularité grandissante des iPhones. 

Avec nos techniques de marketing hors de l’ordinaire, l’application (non-autorisée) Biximobile.com a reçu un grand nombre de visiteurs en très peu de temps. Nous n’étions donc même pas encore incorporé quand on a reçu une mise en demeure de la part de Stationnement Montréal pour fausse utilsation de la marque de commerce. Quelques tweets de David plus tard, nous étions à CTV pour en discuter.[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=CSSZN0VJzrw[/youtube]

Au final, nous avons dû tout mettre hors ligne et se concentrer sur des premiers “vrais” clients. Quelques semaines plus tard, des applications avec des utilisation acceptable de leur marque de commerce ont fait surface, tel que Bixou.

La leçon

Même si nous avons eu une situation légale délicate tôt dans l’histoire de l’entreprise, cet événement nous a permis de créer un certain sentiment de “ah oui, c’est vous ça !”. Que ce soit bon ou mauvais, les gens s’identifiait donc plus facilement à nous par la suite.

Le 800 Berri

Bureau Sparko

C’est en faisant la promotion de notre premier projet que nous sommes tombés sur le local qui allait devenir notre bureau officiel. Malgré son maigre 350 pi², ce local bien optimisé ne manquait pas de charme.

Avec David qui s’occupait du côté programmation, moi qui assurait le développement des affaires et la gestion des clients et de nos finances, il ne nous manquait que l’aspect design pour compléter notre équipe. Nous avons donc procéder à notre première embauche, une designer très polyvalente qui se débrouillait très bien en css, étape cruciale en développement web. Elle comblait donc 2 rôle avec un salaire.

Les premiers clients

C’est à partir de ce bureau que nous avons bâti notre base de clientèle lors de la première année. Quand je revois la liste de clients signés, je me dis que c’est surprenant à quel point nous avions une grande quantité de petits clients. Rapidement, notre équipe est monté à 5 personnes, soit un développeur et un intégrateur de plus. À la fin de la première année, alors que nous avions accompli des mandats de plus en plus gros en peu de temps, nous avons signé notre plus gros projet de développement, soit Voyages à Rabais.

L’idée pour une petite entreprise de signer un immense deal (proportionnellement à son équipe et ses mandats antérieurs) est super excitante. Depuis le début, nous avions toujours fonctionné avec une mentalité “vendre et se débrouiller pour livrer ensuite”. Même si cette approche nous aura bien servi dans le cas de Voyages à Rabais, elle a des conséquences importante sur toute l’organisation du travail. Il a donc été plus difficile de livrer certains autres projets alors que nous étions concentrés à 100% sur notre gros client.

Les projets internes

Après Biximobile, dont j’ai parlé plus haut, nous avons travaillé sur i.nfor.me. Outre son url hors de l’ordinaire, le projet l’était en soi. Notre objectif était de développé un média collaboratif, une sorte d’amalgame entre Wikipedia et Lapresse.com. À partir d’un résumé de nouvelle, nous voulions donner la possibilité aux utilisateurs de venir améliorer l’informations, ajouter des liens, etc.

I.nfor.me a duré quelques mois. Nous devions écrire nous-même les résumés de nouvelles. Il s’agit en fait de la principale raison pour laquelle nous n’avons pas été en mesure de continuer de manière assidue à nourrir ce projet. Un des sideline sur lequel nous avons dévié avec i.nfor.me est une webapp mobile pour les cinémas. Nous avions acheté un feed des horaires de cinémas et on publiait ces données sur le site ainsi que sur une versio

n mobile très user friendly.

 Ma leçon

L’idée de démarrer un média mainstream à partir de scratch alors qu’on ne faisait pas une tonne d’argent sur nos projets web était un peu trop ambitieuse.

Par contre, ce type de projet est extrêmement fertile comme il nous a donné plusieurs idées, comme pour le side project d’application mobile pour cinéma. En regardant ces projets avec du recul, je me dis que nous aurions dû nous concentrer sur le site de cinéma et laisser aller le projet de nouvelles.

Rachat d’un partenaire

Après avoir assurer la livraison très engageante du site web de Voyages à Rabais, mon partenaire David était très actif sur les modifications et les suivis avec notre client. De fil en aiguille, il m’a avoué considérer une offre d’aller travailler là-bas. Comme dans une relation amoureuse, un bris de confiance avec un partenaire d’affaires est difficilement réparable. Je ne voulais surtout pas avoir à continuellement me poser la question: “s’il ne part pas aujourd’hui, va-t-il considérer partir dans 6 mois, 1 an ?”.

Après quelques semaines de discussions, réflexions et négociations, nous nous sommes entendus pour que je le rachète et que je continue à opérer l’entreprise. Au même moment, nous avions embauché un lead dev qui avait une tête forte, capable de prendre en charge la gestion de production à l’interne.

Fusion avec Pixel

Les mois qui ont suivi ont été plus difficiles. Nécessairement, je n’étais pas un gars de développement web mais plutôt de développement des affaires. Me mettre le nez dans la production, le design, la gestion de projet a été plus difficile que prévu. Quelques mois après avoir racheté David, j’ai rencontré Éric Férole de Pixel Circus par le biais de la JCCM.

À ce moment là, nous étions 2 petites agences dans une mer d’autres petites agences, à Montréal uniquement. L’idée de mettre nos forces ensemble était très logique. Une équipe de 4 personnes avec une équipe de 8 personnes nous donnerait une agence de 12 professionnels, une taille respectable pour l’industrie et pour nos standards. Il y avait surtout une base de clientèle des 2 côtés qui nous permettrait de soutenir cette structure à moyen-terme.

En plus du fit niveau équipe, nous étions complémentaire sur papier. J’étais plutôt fort en ventes alors que lui l’était plutôt en gestion de projet. Je sentais que mon équipe était plus forte en programmation alors que la sienne était plus forte en design. À ce moment, tout me faisait du sens et la meilleur décision que je pouvais prendre était de fusionner avec Pixel Circus.

3 mois après avoir déménagé ensemble et après avoir débuté la collaboration sur des mandats communs, je sentais que cette association n’était pas tout à fait en ligne avec mes objectifs personnels et ma vision de la croissance. Après avoir réfléchi, consulté, écrit mes pensées, les pour et les contre, analyser cette situation de tous les angles possibles, j’en suis venu à la conclusion que je m’engageait dans un mariage dans lequel je n’étais pas à 100%. Je croyais que la meilleure décision à prendre à ce moment là était de m’en sortir, avec le moins de dommages possibles pour les 2 partis.

La suite

Pour ce faire et surtout pour continuer, j’ai décidé de changer de modèle d’affaires. À l’instar d’un entrepreneur en construction qui n’a quasi aucun employés à sa charge, je me voyais continuer comme une agence gestionnaire de projets web. C’est ce que j’ai fait pendant plus de 8 mois.

Installé à la Station C, endroit que j’ai adoré, je sous-traitais la programmation et le design de mes projets. Dans cette période, j’ai aussi beaucoup appris en programmation de base, question de faire des modifications mineures qui était moins longues à faire moi-même qu’à demander à un programmeur.

D’un point de vue financier, ce modèle d’affaires était optimal. Comme toutes les heures passées par des sous-traitants m’étaient facturés, il était impensable à moins de situation exceptionnelle de ne pas les recharger au client.

Le hic est que cette méthode de travail m’était très time consuming. J’avais beaucoup de misère à être aussi actif qu’avant à développer des nouveaux clients et contacts. Autre point important, pour bien vendre, il faut croire en son produit à 100%. Dans cette période là, je me questionnais sur ma volonté réelle de continuer à être en affaires de cette manière. À travailler seul dans un bureau, je ne sentais pas que j’atteignais les objectifs que je m’étais fixés au départ.

La fin

Démarrer Sparko et l’opérer pendant 3 ans, je considère ça a été mon MBA. J’ai appris tellement de leçons, sur la gestion d’une équipe, la vente, le démarrage d’initiatives d’innovation à l’interne, la gestion du cash flow et beaucoup plus. J’ai adoré l’aventure malgré les hauts et les bas que ça m’a fait vivre. J’ai aussi rencontrer une tonne de gens intéressants avec qui j’espère rester en contact dans le futur.

Il faut réaliser que toutes bonnes choses ont une fin. Quand j’ai démarré avec David, notre vision initiale était d’opérer une entreprise de services (développement web) qui financerait des projets internes qui deviendraient ultimement les sources de revenus. J’ai toujours garder cette vision en tête et mon objectif n’a jamais été de développer la plus grande agence web au Québec. J’ai toujours l’impression d’avoir pris la meilleure décision qui s’offrait à moi, que ce soit en décidant d’opérer sans David, ou tenter la fusion avec Pixel ou même de tenter le modèle d’affaires plus lean. Par contre, plus je prenais des distances sur où j’étais rendu après tout ça, plus je réalisais que je n’était plus dans le bon véhicule pour me rendre où je voulais aller.

C’est à l’été 2012 que j’ai décidé de tirer un trait et de passer à autre chose (sur laquelle je prépare un petit article aussi).

Je peux vous dire que fermer une entreprise, c’est beaucoup plus complexe qu’en ouvrir une…

 

1 Comments

  1. Salut Jean-Michel,
    Je suis tombé par hasard sur ton blogue. Mon passage chez Sparko a été l’un des plus courts de ma carrière, mais aussi l’un des plus enrichissants. Je dirais que c’est là que j’ai vraiment appris à programmer (avec un grand P). Bonne continuité, Jean-Michel. Au plaisir d’avoir de tes nouvelles :)

    Reply

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