5 étapes pour réduire votre risque de change

Commerce international

Un très grand nombre d’entreprises utilisent des devises autres que leur devise locale dans leurs opérations quotidiennes.

Que ce soit pour l’importation ou l’exportation, le problème est le même: une variation minimale du taux de change peut avoir une incidence très grande sur la rentabilité d’une entreprise. En 2013, les compagnies américaines ont subis des pertes de plus de 10 Milliards $ en raison du marché du change.

Prenons un exemple simple:

Aliments ABC distribue des produits alimentaires sur le marché canadien. Son profil financier est le suivant:

Ventes:              5,000,000
CMV:                  4,200,000
Frais généraux:   500,000
Taxes, intérêts:     50,000
Profit net:            250,000

Comme elle oeuvre dans l’importation/distribution, cette entreprise (fictive) importe tous ses produits de la Chine, qu’elle paie en USD. Le total du 4,200,000 CAD est donc une conversion du montant originalement payé en USD. Cette entreprise affiche donc une profitabilité nette de 5%.

Une différence de 2% du taux de change CADUSD peut donc faire varier la marge de profit de 33.6%. Il s’agit ainsi d’un risque très important à prendre en ligne de compte, sachant notamment que le CADUSD a augmenté de plus de 10% lors de l’année 2013. Un article du Financial Times fait notamment référence au fait qu’un grande nombre de PME sous-estiment ce risque et subissent des pertes inutiles.

Je vous propose donc quelques étapes simple pour clarifier le processus de gestion de risque de change.

1 – Évaluer le risque

Pour évaluer votre risque, il important de comprendre plusieurs aspects liés aux entrées et sorties de fonds dans votre entreprise. Les données importantes à obtenir sont les suivantes:

  • Entrée de fonds en devises étrangères
  • Sorties de fonds en devises étrangères
  • Besoins net en opérations de change (ex: achat net de xxx $ / années ou vente net de xxx $ par année)
  • Capacité à refiler les fluctuations de devises aux clients/fournisseurs: la structure et méthode de détermination des prix a une forte incidence sur ce point. Ex: les listes de prix valables pour un an ne permettent que très peu de flexibilité.

2 – Établir des objectifs

Vos objectifs servent à comprendre votre degré de sensibilité aux changements d’une devise. Si le CADUSD est actuellement à 1.1100 et qu’il passe à 1.15, est-ce que votre marge de profit s’effrite complètement ? Pour bien établir vos objectifs, il vous faut déterminer 3 taux:

  • taux souhaité: le taux que vous aimeriez atteindre de manière réaliste pour atteindre être rentable ou même pour effectuer un profit de change.
  • taux budget: celui utilisé pour votre budget. Si vous avez des opérations en devises étrangères et un budget, ce taux existe d’une manière ou d’une autre.
  • taux de protection: le pire taux que vous aimeriez protéger. Lorsqu’il est franchi, vous tombé dans une zone d’inconfort et d’érosion sérieuse de vos marges.

Une fois ces taux établis, vous devez aussi déterminer votre aversion au risque et votre volonté de participer à un mouvement favorable.

Posez-vous les questions suivantes:

  • Est-ce que la politique de l’entreprise est de réduire le risque à 0 ou bien de profiter des mouvements favorable pour engranger des profits ?
  • Seriez-vous prêt à tenter d’obtenir un meilleur taux quitte à ce qu’un mouvement contraire vous amène à votre taux maximal ?

3 – Préparer une stratégie

À l’étape de la stratégie, je vous conseille fortement d’avoir recours à un expert. Une stratégie de risque de change peut être très simple pour répondre à vos objectifs actuels. Par contre, un cambiste passant le plus clair de son temps à analyser les marchés et conseiller des clients pourra sans aucun doute vous faire progresser rapidement dans votre réflexion.

Une stratégie simple de gestion de risque de change peut être la suivante:

  • lors de la prise d’une commande d’achat en devise étrangère: protéger 50% du montant à risque à l’aide d’un contrat à terme
  • progressivement, jusqu’au moment où le paiement arrive à échéance: protéger la balance du montant par bloc de 10 à 15%

Une stratégie de ce type, même très simple permet de changer votre manière d’aborder les marchés financiers. Au lieu d’être réactif, vous êtes préparé. Au moment où une commande d’achat doit être prise, une marche à suivre prend effet.

Comme dans tout engagement que nous prenons, il devient beaucoup plus solide lorsqu’il est partagé. À ce stade-ci, je vous conseille de le partager à votre cambiste et à vos associés ou aux dirigeants de l’entreprise.

4 – Exécuter la stratégie

L’exécution de la stratégie consiste à l’établissement d’ordres sur le marché. Que ce soit des contrats à terme ou des conversions au taux du jour, ces transactions doivent être effectués par une tierce partie.

Un bon partenaire de couverture de risque sera proactif dans l’exécution de votre stratégie et vous conseillera sur les meilleurs moments pour effectuer des opérations. Il n’a pas de science exacte à ce niveau. L’important est d’avoir un plan et de s’y référer souvent.

5 – Évaluer la performance et ajuster

Tout bon plan nécessite sa période de révision pour qu’il puisse est évaluer et ajuster. Une stratégie de gestion de risque va de même. Lorsque nous établissons une stratégie annuelle de gestion de risque, nous n’avons aucune idée des fluctuations qu’amènera le marché.

Il peut s’avérer très enrichissant de comprendre que le CADUSD a augmenté de 10% lors des 12 derniers mois et que votre plan vous a permis de réduire considérablement vos pertes de change.

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